Calcul de la révision du loyer avec l'IRL
La formule, les indices INSEE à jour en octobre 2026, un exemple chiffré ligne par ligne et les trois conditions à vérifier avant d'appliquer la hausse. Y compris les cas où la révision est tout simplement interdite.
La formule, tout de suite
Le calcul tient en une division. Vous prenez le loyer hors charges que paie votre locataire, vous le multipliez par l'indice de référence des loyers du trimestre inscrit dans le bail, et vous divisez par l'indice du même trimestre un an plus tôt.
Le résultat s'arrondit à la deuxième décimale. Le loyer en cours s'entend hors charges, complément de loyer compris s'il y en a un.
Trois conditions doivent être réunies avant d'appliquer ce calcul : le bail contient une clause de révision, la date de révision prévue au contrat est arrivée, et le logement n'est pas classé F ou G au diagnostic de performance énergétique. Si l'une des trois manque, la hausse n'est pas due, même parfaitement calculée.
Deux erreurs reviennent souvent. La première consiste à comparer deux trimestres différents, par exemple le 3e trimestre 2026 au 2e trimestre 2025 : le résultat n'a aucune valeur. La seconde consiste à augmenter les provisions pour charges dans le même mouvement. Les charges ne suivent pas l'IRL, elles s'ajustent lors de la régularisation annuelle des charges locatives, qui est un calcul séparé.
L'IRL : ce qu'il mesure et qui le publie
L'indice de référence des loyers est publié par l'INSEE chaque trimestre, à la mi-janvier, à la mi-avril, à la mi-juillet et à la mi-octobre, puis repris au Journal officiel. Il se déduit de l'indice du même trimestre de l'année précédente en lui appliquant l'évolution de la moyenne sur douze mois de l'indice des prix à la consommation hors tabac et hors loyers. C'est donc un indice lissé : il suit l'inflation avec un retard d'environ six mois.
C'est le seul indice utilisable pour la révision d'un bail soumis à la loi du 6 juillet 1989, c'est-à-dire la résidence principale du locataire dans le parc privé. Il fixe un plafond, pas une obligation : vous pouvez appliquer une hausse plus faible, ou renoncer à réviser, jamais dépasser le montant calculé.
| Trimestre | IRL France métropolitaine | Variation sur un an |
|---|---|---|
| T3 2026 | 148,06 | 1,57 % |
| T2 2026 | 148,37 | 1,15 % |
| T1 2026 | 146,60 | 0,78 % |
| T4 2025 | 145,78 | 0,79 % |
| T3 2025 | 145,77 | 0,87 % |
| T2 2025 | 146,68 | 1,04 % |
| T1 2025 | 145,47 | 1,40 % |
| T4 2024 | 144,64 | 1,82 % |
Source : INSEE, série 001515333 (France métropolitaine, base 100 au 4e trimestre 1998). Mis à jour à chaque publication trimestrielle.
Le dernier indice publié est celui qui figure en haut du tableau ci-dessus. Des indices dérogatoires existent : au 3e trimestre 2026, l'IRL s'établit à 145,21 dans les collectivités régies par l'article 73 de la Constitution et à 143,80 en Corse. L'indice du 4e trimestre 2026 est attendu à la mi-janvier 2027.
Un point qui surprend : l'indice peut reculer d'un trimestre à l'autre tout en progressant sur un an. C'est le cas entre le 2e et le 3e trimestre 2026. Seule compte la comparaison avec le même trimestre de l'année précédente.
Sans clause de révision dans le bail, pas de révision
La révision annuelle n'est pas un droit automatique du bailleur. Elle suppose une clause expresse dans le contrat : article 17-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 pour une location nue, article 25-9 pour un meublé. Sans cette clause, le loyer reste fixe pendant toute la durée du bail, et vous ne pouvez pas l'ajouter unilatéralement en cours de contrat.
La clause désigne aussi le trimestre de référence, celui qui servira de base chaque année. Si le bail ne le précise pas, c'est le dernier IRL publié à la date de signature qui fait référence. Relisez votre contrat avant de calculer : un bail signé en novembre peut très bien renvoyer au 2e trimestre.
Si vous rédigez un bail, vérifiez que la clause figure bien au contrat et qu'elle nomme le trimestre de référence et la date de révision. Nos modèles de bail de location nue montrent où cette clause se place dans le contrat.
Un exemple chiffré complet
Prenons un appartement loué nu 850 € hors charges, avec 90 € de provisions mensuelles pour charges. Le bail prévoit une révision au 1er novembre de chaque année, avec le 3e trimestre comme trimestre de référence. La révision du 1er novembre 2026 se calcule ainsi.
- Loyer en cours, hors charges : 850,00 €.
- IRL du 3e trimestre 2026 (indice du nouveau loyer) : 148,06.
- IRL du 3e trimestre 2025 (même trimestre, année précédente) : 145,77.
- Multiplication : 850,00 × 148,06 = 125 851,00.
- Division : 125 851,00 ÷ 145,77 = 863,35 (arrondi au centime).
L'année suivante, la base de calcul sera 863,35 € et non 850 €. C'est toujours le dernier loyer appliqué qui sert de point de départ. Une année sautée ne se rattrape donc jamais : elle disparaît aussi de toutes les révisions suivantes.
Pensez à reporter le nouveau montant sur l'appel de loyer et sur la quittance de loyer du mois concerné. Une quittance qui affiche encore l'ancien montant après une révision notifiée crée une ambiguïté que le locataire peut opposer plus tard.
Quand la hausse s'applique, et le délai d'un an
La révision prend effet à la date prévue au bail, le plus souvent la date anniversaire du contrat. Mais elle n'est pas rétroactive et elle n'est pas automatique : tant que vous n'avez rien demandé au locataire, rien n'est dû. Si vous envoyez l'avis le 20 septembre 2026 pour une date de révision fixée au 1er mars 2026, la hausse court à partir de la demande. Les mois de mars à septembre sont perdus.
Au-delà d'un an, c'est la révision entière qui disparaît. L'article 17-1 prévoit qu'à défaut de manifester sa volonté d'appliquer la révision dans un délai d'un an suivant sa date de prise d'effet, le bailleur est réputé avoir renoncé au bénéfice de la clause pour l'année écoulée. Dans l'exemple ci-dessus, passé le 1er mars 2027, la révision de 2026 n'existe plus. Vous repartez de l'ancien loyer avec les indices de 2027.
La loi n'impose pas de forme particulière pour cette demande, contrairement à la réévaluation au renouvellement. La lettre recommandée avec accusé de réception reste le choix prudent : elle date la demande, et c'est cette date qui détermine le premier loyer majoré. Un avis lisible contient :
- l'ancien loyer hors charges et le nouveau montant ;
- le trimestre de référence et les deux valeurs d'IRL utilisées ;
- le détail du calcul, ce qui évite la plupart des contestations ;
- la date à partir de laquelle le nouveau loyer s'applique ;
- le montant inchangé des provisions pour charges.
Les cas où la révision est interdite
Les logements classés F ou G au DPE
C'est l'interdiction la plus large. Issue de la loi Climat et résilience du 22 août 2021 et inscrite au III de l'article 17-1, elle bloque la révision annuelle du loyer des logements dont la classe énergétique est F ou G. Elle s'applique aux contrats conclus, renouvelés ou tacitement reconduits depuis le 24 août 2022 en France métropolitaine, et depuis le 1er juillet 2024 en Guadeloupe, Guyane, Martinique, à La Réunion et à Mayotte. Le gel vise aussi la majoration pour travaux et la hausse au renouvellement.
Le mode de calcul du DPE a changé au 1er janvier 2026 : un arrêté du 13 août 2025 a abaissé le coefficient de conversion de l'électricité de 2,3 à 1,9, ce qui ferait sortir des classes F et G, selon l'estimation du ministère chargé du logement, environ 850 000 logements chauffés à l'électricité, sans travaux. Attention à la conséquence sur le loyer : une réponse ministérielle publiée au Journal officiel le 11 août 2026 indique que ce reclassement ne débloque pas la révision en cours de bail. La hausse ne redevient possible qu'au renouvellement du contrat, et non lors d'une reconduction tacite. C'est une position administrative, pas une décision de justice : en cas de doute sur un bien reclassé, interrogez l'ADIL de votre département.
Les autres blocages
- Bail sans clause de révision : le loyer est figé jusqu'au terme du contrat, quelle que soit l'évolution du marché.
- Bail mobilité : la révision du loyer en cours de contrat est exclue par l'article 25-16 de la loi de 1989.
- Loyer que vous jugez sous-évalué : ce n'est pas un motif de hausse en cours de bail. La seule voie est la réévaluation au renouvellement, décrite plus bas.
- Communes appliquant l'encadrement du niveau des loyers : la révision annuelle reste possible. L'articulation entre le loyer révisé et le loyer de référence majoré n'est tranchée par aucun texte ; en revanche, si le loyer dépasse ce plafond, le locataire peut en demander la baisse au renouvellement du bail. En cas de doute, interrogez l'ADIL avant d'envoyer l'avis.
- Logement conventionné avec l'Anah : la convention fixe ses propres règles de plafond et de date de révision, qui priment sur ce que vous auriez prévu au bail.
Révision annuelle ou réévaluation au renouvellement
Ce sont deux mécanismes distincts, souvent confondus. La révision suit l'indice et se répète chaque année. La réévaluation corrige un loyer manifestement sous-évalué. Elle n'est ouverte qu'au terme du bail, lors de son renouvellement, et jamais en cours de contrat.
| Révision annuelle (IRL) | Réévaluation au renouvellement | |
|---|---|---|
| Quand | Chaque année, à la date prévue au bail | Au terme du bail, lors de son renouvellement |
| Base légale | Article 17-1 (nue), article 25-9 (meublé) | Article 17-2 I |
| Condition | Une clause de révision au contrat | Un loyer manifestement sous-évalué, prouvé par des références de loyers du voisinage |
| Montant | Résultat de la formule IRL, qui est un plafond | Fixé par référence aux loyers constatés dans le voisinage pour des logements comparables. Une hausse supérieure à 10 % s'applique par tiers ou par sixième annuel, selon la durée du contrat |
| Formalisme | Une demande au locataire, sans forme imposée | Proposition notifiée au moins six mois avant le terme, par recommandé ou acte de commissaire de justice, reproduisant l'article 17-2 I à peine de nullité |
| Si le locataire refuse | Commission départementale de conciliation, puis juge | Commission départementale de conciliation, puis saisine du juge avant le terme du bail |
La réévaluation est une procédure lourde et formaliste : une notification incomplète est nulle, et le bailleur qui l'engage ne peut pas donner congé pour la même échéance. Elle est elle aussi fermée aux logements classés F ou G. En zone tendue et dans les communes sous encadrement, des règles supplémentaires encadrent le montant atteignable.
Suivre ses révisions d'une année sur l'autre
Avec un seul bien, la révision est une opération annuelle de dix minutes. Avec cinq locations, le suivi devient le vrai sujet : chaque bail a sa date anniversaire, parfois son propre trimestre de référence, et le délai d'un an court séparément pour chacun. Une date oubliée coûte l'année entière, puis se répercute sur toutes les révisions suivantes puisque la base de calcul reste l'ancien loyer.
RentFlow calcule la révision à partir du trimestre de référence enregistré sur le bail et génère l'avis de révision en PDF. Le nouveau montant sert ensuite de base aux échéances de loyer, aux appels de loyer et aux quittances générés par l'application. Le détail des fonctions figure sur la page logiciel de gestion locative.
Cette page est informative. RentFlow n'est ni avocat, ni expert-comptable, ni agent immobilier, et ne garantit pas la conformité d'une révision à une situation particulière. Pour un cas litigieux — DPE contesté, commune sous encadrement, bail ancien, logement conventionné — l'ADIL de votre département renseigne gratuitement les bailleurs.
Questions fréquentes
›Quel IRL dois-je utiliser pour une révision en octobre 2026 ?
Celui du trimestre de référence inscrit dans votre bail, pas forcément le dernier publié. Si votre bail renvoie au 3e trimestre, utilisez 148,06 (3e trimestre 2026) divisé par 145,77 (3e trimestre 2025), soit une hausse maximale de 1,57 %. S'il renvoie au 2e trimestre, c'est 148,37 divisé par 146,68, soit 1,15 %.
›J'ai oublié de réviser l'an dernier. Puis-je rattraper les deux années ?
Non. Au-delà d'un an après la date de prise d'effet prévue au bail, la révision de l'année écoulée est définitivement perdue. Vous repartez du loyer en cours, qui reste l'ancien montant, et appliquez la révision de l'année suivante à sa date normale. Et même dans le délai d'un an, la hausse ne court qu'à partir du jour où vous la demandez : elle n'est jamais rétroactive.
›Mon logement est passé de F à E avec le nouveau mode de calcul du DPE au 1er janvier 2026. Puis-je réviser le loyer ?
Pas en cours de bail, selon la réponse ministérielle publiée au Journal officiel le 11 août 2026. Le reclassement obtenu sans travaux ne lève pas le gel pour le contrat en cours. La révision redevient possible au renouvellement du bail, à condition de justifier la nouvelle étiquette, mais pas lors d'une reconduction tacite. Faites confirmer votre cas par l'ADIL avant d'envoyer un avis.
›La révision augmente-t-elle aussi les charges ?
Non. L'IRL ne porte que sur le loyer hors charges. Les provisions pour charges s'ajustent lors de la régularisation annuelle, à partir des dépenses réelles de l'année, et pas selon un indice. Les deux opérations peuvent tomber le même mois, elles restent des calculs séparés et le locataire a le droit de voir les deux montants distinctement.
›Dois-je envoyer l'avis de révision en recommandé ?
La loi n'impose pas de forme pour la demande de révision annuelle. Le recommandé avec accusé de réception reste recommandé parce qu'il date la demande, et c'est cette date qui fixe le premier mois majoré et qui prouve que vous avez agi dans le délai d'un an. Indiquez dans l'avis les deux valeurs d'IRL et le détail du calcul : cela désamorce la plupart des contestations.
›Le locataire conteste le nouveau montant. Que se passe-t-il ?
Reprenez d'abord le calcul avec lui : la majorité des désaccords vient d'un trimestre de référence mal lu ou d'une confusion avec les charges. Si le désaccord persiste, la commission départementale de conciliation peut être saisie gratuitement par l'une ou l'autre partie. En cas d'échec, c'est le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire qui tranche.