Bail étudiant : modèle gratuit de bail meublé 9 mois
Le bail étudiant est un bail meublé de neuf mois qui s'arrête tout seul à son terme, sans reconduction tacite ni congé à donner. Cette page explique ce que le contrat engage de part et d'autre, ce qu'il doit contenir pour être valable, et comment il se distingue du bail mobilité.
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Qu'est-ce qu'un bail étudiant, et à quoi sert ce modèle ?
Le bail étudiant est un contrat de location meublée d'une durée de neuf mois, réservé à un locataire qui poursuit des études. Il repose sur l'article 25-7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, qui autorise à ramener la durée du bail meublé de un an à neuf mois lorsque le locataire est étudiant. Sa particularité tient en une phrase : il ne se reconduit pas tacitement. Au terme des neuf mois, il s'arrête, sans que le bailleur ait à donner congé.
Pour le reste, c'est un bail meublé ordinaire. Mêmes obligations de décence, même liste de mobilier imposée, mêmes annexes, même plafond de dépôt de garantie, même notice d'information à joindre. Le contrat type à utiliser est celui annexé au décret n° 2015-587 du 29 mai 2015, dans sa version « logement meublé ».
Le modèle proposé ici reprend ce contrat type, mis en forme pour une location de neuf mois et prêt à compléter : identité des parties, désignation du logement, loyer et charges, dépôt de garantie, durée, clause de résiliation, et un inventaire du mobilier à remplir pièce par pièce. Il est au format .docx, donc modifiable dans Word, LibreOffice ou Google Docs. Relisez-le au regard de votre situation avant de le signer.
Neuf mois non reconductibles : ce que cela change concrètement
Dans un bail meublé classique d'un an, le contrat se renouvelle tout seul si personne ne bouge. Le bailleur qui veut reprendre son logement doit donner congé trois mois avant l'échéance, par lettre recommandée ou acte de commissaire de justice, et seulement pour l'un des motifs prévus par la loi. Le bail étudiant supprime cette mécanique.
- Aucun congé à donner. Le bail prend fin à la date inscrite au contrat, point.
- Aucun droit au maintien dans les lieux. Le locataire ne peut pas se prévaloir d'une reconduction : à l'échéance, il doit libérer le logement.
- Pour rester, il faut un nouveau bail. Si le locataire poursuit ses études dans le même logement, bailleur et locataire signent un nouveau contrat de neuf mois, avec un nouvel état des lieux d'entrée.
- Le loyer peut être réajusté à la signature du nouveau bail, dans le respect des règles d'encadrement applicables à la commune.
Cette rigidité a une contrepartie : elle vous prive de souplesse si le logement se libère plus tôt. Un bail de neuf mois signé pour la rentrée court jusqu'à fin mai ou début juin selon la date de départ retenue. Vous ne pourrez pas l'écourter de votre côté : le bailleur ne dispose d'aucune faculté de résiliation anticipée, sauf manquement grave du locataire traité par la clause résolutoire.
Le préavis d'un mois du locataire
Le locataire d'un meublé peut partir quand il veut, avec un mois de préavis, en application de l'article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989. Ce droit s'applique au bail étudiant comme aux autres meublés, et il n'est pas négociable : une clause qui allongerait le préavis serait sans effet.
Le délai court à compter de la réception de la lettre recommandée avec accusé de réception, de la remise en main propre contre récépissé ou de la signification par commissaire de justice. Un courrier reçu le 12 mars libère le locataire le 12 avril. Le loyer et les charges restent dus pendant tout le préavis, même si le locataire a déjà vidé les lieux — sauf si vous relouez le logement avant son terme.
En pratique, sur un bail de neuf mois, le préavis sert surtout aux départs de janvier : échange universitaire, abandon d'études, déménagement en colocation. Prévoyez-le dans votre trésorerie plutôt que de compter sur neuf mensualités garanties.
Bail étudiant ou bail mobilité : lequel signer ?
Les deux contrats se ressemblent de loin — un meublé, une durée courte, pas de reconduction — mais ils ne visent pas les mêmes situations. Le bail mobilité, créé par la loi ELAN du 23 novembre 2018 et codifié aux articles 25-12 à 25-18 de la loi de 1989, s'adresse à un public plus large que les seuls étudiants et interdit le dépôt de garantie.
| Critère | Bail étudiant | Bail mobilité |
|---|---|---|
| Texte applicable | Art. 25-7 de la loi du 6 juillet 1989 | Art. 25-12 à 25-18 de la loi du 6 juillet 1989 |
| Durée | 9 mois fixes | 1 à 10 mois (1 semaine à 18 mois en résidence à vocation d'emploi, dérogation issue de la loi du 26 novembre 2025, en attente de décret) |
| Public | Locataire étudiant | Formation professionnelle, études supérieures, apprentissage, stage, service civique, mutation ou mission temporaire |
| Fin du bail | Pas de reconduction tacite | Ni renouvelable ni reconductible ; un seul avenant possible, sans dépasser 10 mois au total (18 mois en résidence à vocation d'emploi, même dérogation en attente de décret) |
| Nouveau contrat sur le même logement | Possible, autant de fois que nécessaire | Un nouveau bail entre les mêmes parties sur le même logement bascule dans le meublé classique, soit 1 an reconductible (art. 25-14) |
| Dépôt de garantie | Possible, 2 mois de loyer hors charges maximum | Interdit |
| Préavis du locataire | 1 mois | 1 mois |
| Colocation | Possible, clause de solidarité admise | Possible, mais la clause de solidarité est réputée non écrite |
Le choix se fait sur deux critères. Si vous louez à l'année universitaire et que vous tenez au dépôt de garantie, prenez le bail étudiant. Si la durée doit coller à un stage de quatre mois ou à un semestre d'échange, le bail mobilité est le seul à le permettre — en acceptant de louer sans dépôt de garantie, ce que Visale compense en partie.
Caution parentale, acte de cautionnement et garantie Visale
Un étudiant a rarement des revenus suffisants pour rassurer seul un bailleur. Deux garanties existent, et elles ne se cumulent pas : soit une caution personne physique, en général les parents, soit la garantie Visale d'Action Logement.
L'acte de cautionnement des parents
La caution parentale prend la forme d'un acte écrit distinct du bail, encadré par l'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989. La mention n'a plus à être écrite à la main depuis la loi ELAN. L'ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021, applicable aux cautionnements conclus depuis le 1er janvier 2022, a ensuite aligné l'article 22-1 sur l'article 2297 du code civil. La mention peut donc être dactylographiée ou apposée par voie électronique, à condition que le procédé garantisse qu'elle émane de la caution elle-même. Ces formalités sont exigées à peine de nullité du cautionnement.
- Le montant du loyer et les conditions de sa révision, tels qu'ils figurent au bail.
- La mention prévue à l'article 2297 du code civil, apposée par la caution elle-même : elle s'engage à payer ce que doit le locataire en cas de défaillance, dans la limite d'un montant en principal et accessoires exprimé en toutes lettres et en chiffres. Si les deux montants diffèrent, celui écrit en lettres l'emporte.
- La reproduction de l'alinéa de l'article 22-1 relatif à la résiliation d'un cautionnement à durée indéterminée.
- La remise d'un exemplaire du contrat de location à la caution.
Précisez la durée de l'engagement. Un cautionnement à durée déterminée calé sur les neuf mois du bail n'est pas prorogé automatiquement : si le locataire signe un nouveau bail l'année suivante, faites signer un nouvel acte de cautionnement.
La garantie Visale
Visale est une caution gratuite délivrée par Action Logement. Les étudiants de moins de 31 ans y sont éligibles sans condition de ressources, quelle que soit leur situation. Elle couvre les loyers et charges impayés ainsi que des dégradations locatives, dans la limite de plafonds de loyer qui dépendent de la zone géographique et du statut du locataire, et qui ont évolué début 2026. Ne vous fiez pas aux montants recopiés sur les sites d'annonces : vérifiez l'éligibilité du dossier sur le simulateur officiel d'Action Logement avant la signature.
Le point de méthode qui compte : le visa doit être obtenu avant la signature du bail. C'est le locataire qui fait la demande et vous transmet son numéro de visa, valable trois mois. Vous saisissez ce numéro dans votre espace bailleur et validez le contrat de cautionnement avant de signer le bail. Un visa obtenu après la signature ne peut pas être rattaché au contrat en cours.
Le mobilier obligatoire, identique au meublé classique
Un bail étudiant est un bail meublé : le logement doit comporter l'intégralité des éléments listés par le décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015. Il ne s'agit pas d'une liste indicative. S'il manque un seul élément, le juge peut requalifier le contrat en location vide, ce qui ferait passer la durée à trois ans et ruinerait l'intérêt du bail de neuf mois.
- Literie comprenant couette ou couverture
- Dispositif d'occultation des fenêtres dans les pièces destinées à être utilisées comme chambre à coucher
- Plaques de cuisson
- Four ou four à micro-ondes
- Réfrigérateur et congélateur, ou réfrigérateur doté d'un compartiment permettant une température maximale de − 6 °C
- Vaisselle en nombre suffisant pour que les occupants puissent prendre les repas
- Ustensiles de cuisine
- Table et sièges
- Étagères de rangement
- Luminaires
- Matériel d'entretien ménager adapté aux caractéristiques du logement
Le décret ajoute que chaque pièce doit être équipée d'un mobilier conforme à sa destination. L'inventaire du mobilier, annexé au bail et signé par les deux parties en même temps que l'état des lieux d'entrée, est votre seule preuve de ce qui était présent et dans quel état. Photographiez les équipements coûteux et joignez les photos datées à l'inventaire.
Le calendrier type d'une location étudiante
Une location étudiante se reloue chaque été. Le rythme est connu à l'avance, ce qui permet de ne jamais être pris de court — à condition de lancer la recherche avant que le marché ne se vide.
| Période | Ce qu'il y a à faire |
|---|---|
| Mars – avril | Demander au locataire en place s'il reste l'année suivante. S'il reste, préparer le nouveau bail. |
| Mai – juin | Publier l'annonce, organiser les visites, étudier les dossiers. Le gros des recherches étudiantes se fait de juin à août. |
| Juin – juillet | Sélectionner le dossier, vérifier le certificat de scolarité, obtenir le visa Visale ou faire signer l'acte de cautionnement. |
| Juillet – août | Remise en état, ménage, remplacement du mobilier manquant ou usé. Mise à jour du DPE et des diagnostics si nécessaire. |
| Fin août – début septembre | Signature du bail, encaissement du dépôt de garantie, état des lieux d'entrée et inventaire, remise des clés, attestation d'assurance habitation. |
| Septembre – mai | Quittances mensuelles, régularisation des charges le cas échéant, attestation d'assurance à redemander chaque année. |
| Fin mai – juin | État des lieux de sortie, relevés de compteurs, restitution du dépôt de garantie sous 1 mois si l'état des lieux est conforme, 2 mois sinon. |
Deux conséquences financières à anticiper. D'abord, un bail de neuf mois laisse trois mois sans loyer si vous ne relouez pas l'été : intégrez-le au rendement annoncé plutôt que de raisonner sur douze mensualités. Ensuite, la rotation annuelle use le logement plus vite qu'une location longue durée — peintures, literie, électroménager. Provisionnez une ligne de travaux chaque été.
RentFlow gère ces échéances à votre place : quittances automatiques, suivi des dates de fin de bail, rappels d'attestation d'assurance et stockage des états des lieux et inventaires d'une année sur l'autre.
Questions fréquentes
›Le bail étudiant de 9 mois est-il obligatoire pour louer à un étudiant ?
Non. Un étudiant peut tout à fait signer un bail meublé classique d'un an, reconductible tacitement, ou un bail mobilité s'il remplit les conditions. La durée de neuf mois est une faculté ouverte au bailleur par l'article 25-7 de la loi du 6 juillet 1989, pas une obligation. Elle n'a d'intérêt que si vous voulez récupérer le logement chaque été sans avoir à donner congé.
›Que se passe-t-il si le locataire reste dans les lieux après les neuf mois ?
Le bail étudiant ne se reconduit pas, mais le locataire qui reste sans titre n'est pas pour autant expulsable du jour au lendemain : il faut passer par la procédure judiciaire de droit commun. En pratique, abordez la question deux à trois mois avant l'échéance. Si le locataire souhaite rester, signez un nouveau bail ; s'il part, confirmez la date de l'état des lieux de sortie par écrit.
›Puis-je demander un dépôt de garantie sur un bail étudiant ?
Oui, dans la limite de deux mois de loyer hors charges, comme pour toute location meublée. C'est l'une des différences concrètes avec le bail mobilité, où le dépôt de garantie est interdit. Le dépôt se restitue dans le mois qui suit la remise des clés si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, dans les deux mois sinon.
›Le locataire doit-il prouver qu'il est étudiant ?
Oui. Le bail de neuf mois suppose que le locataire poursuive des études, et c'est le certificat de scolarité ou la carte d'étudiant qui le justifie. Demandez le justificatif au moment de la signature et conservez-en une copie avec le dossier. La loi ne fixe en revanche aucune limite d'âge.
›La caution parentale et la garantie Visale sont-elles cumulables ?
Non. Visale ne se cumule pas avec une caution personne physique ni avec une assurance loyers impayés sur le même bail. Il faut choisir. Visale est gratuite et s'obtient avant la signature ; la caution parentale suppose un acte de cautionnement en bonne et due forme. La mention n'a plus à être manuscrite, mais la caution doit l'apposer elle-même et y faire figurer le montant garanti en toutes lettres et en chiffres (article 2297 du code civil), à peine de nullité.
›Le modèle de bail étudiant convient-il à une colocation ?
Le modèle est prévu pour un locataire unique. Pour une colocation, il faut soit un bail unique signé par tous les colocataires avec une clause de solidarité, soit un bail individuel par colocataire précisant sa part de loyer, de charges et de dépôt de garantie. Dans les deux cas, le contrat change de structure. Pour un bail unique, partez du contrat type « location ou colocation de logement meublé » annexé au décret du 29 mai 2015 ; pour des baux individuels, ce contrat type ne s'applique pas, l'article 2 du décret excluant les colocations de logement meublé formalisées par plusieurs contrats.